« J’ai toujours aimé les labyrinthes. Avancer à tâtons, jusqu’à trouver une issue, douter, puis reprendre confiance. Et à la fin saisir le sens du chemin parcouru », analyse Jérémy Pradier-Jeauneau.
Après une première vie dans le cinéma, une autre comme pucier à Saint-Ouen, le galeriste de la rue Verneuil, à Paris, continue d’expérimenter le beau. S’il curate toujours les arts décoratifs français, son (autre) passe-temps préféré, il édite aussi des pièces signées de designers contemporains tels qu’Isabelle de Stanislas ou Axel Chay. « J’aime ouvrir les esprits », ajoute-t-il. Sensibiliser. Rendre le design de collection accessible à tous, en dessinant, au printemps dernier, une collection élégante réalisée avec Monoprix. A la manière d’un artisan, Jérémy Pradier-Jeauneau touche la matière, explore ses contours pour en repousser les limites.


Son dernier projet, Le Labyrinthe, résume toute son approche. Depuis quelques jours, une installation monumentale a pris possession de la cour, des salons et de la loggia de L’Hôtel de la Marine à Paris. « Ce projet est à la croisée entre la galerie, le musée, le théâtre et le rêve éveillé », résume-t-il.

Le visiteur est donc invité à se perdre, aiguillé par la seule présence de pièces hommages au savoir-faire français en matière d’artisanat d’art et de design, et des clins d’œil au mythe d’Ariane, du Minotaure et aux créations de nos jours. Le beau devient le repère pour se frayer un chemin. « Une expérience personnelle, poursuit le galeriste, constituée de peurs et d’espoirs qui intervient dans cet hôtel conçu à l’origine pour être le Garde-Meuble de la Couronne à la fin du XVIIIe siècle. » Tout prend sens.




