
Née en 1917 dans le Lancashire, en Angleterre, cette artiste à l’imagination singulière, très peu connue jusqu’à aujourd’hui en France, a traversé le XXe siècle à sa façon, en développant ses propres voix et style, nourris de ses voyages, de ses expériences, parfois traumatisantes et lourdes de conséquences, et de ses rencontres avec le milieu surréaliste. Dès l’enfance, elle est attirée par la mythologie, les contes de fées irlandais que lui racontent sa mère et sa grand-mère maternelle et par la littérature victorienne. Cette fascination guidera son œuvre tout le long de sa vie. Elle a à peine 15 ans lorsqu’elle réalise à Florence, en Italie, pendant qu’elle étudie dans une école pour jeunes filles de bonne famille, ses premières aquarelles, déjà à connotation surréaliste : intitulées Sisters of The Moon (Sœurs de la Lune), elles font coexister créatures fantastiques et femmes énigmatiques tout en laissant déjà apercevoir certaines des thématiques qui lui seront chères par la suite : la sororité, la mythologie, l’ésotérisme, le tarot, la magie.


2. Leonora Carrington, Retrato del Dr.Urbano Barnès, 1946 ©2026 Estate of Leonora Carrington – ADAGP, Paris
Á 19 ans, durant l’exposition surréaliste à Londres, elle rencontre le peintre Max Ernst et devient sa compagne. Ensemble, ils vivent quatre années heureuses et riches en production artistique à Paris, puis à Saint-Marin d’Ardèche, dans le sud de la France. Ils peignent ensemble, s’influencent mutuellement, reçoivent les grandes figures du mouvement surréaliste. Mais en 1940, la guerre oblige Leonora à se réfugier en Espagne. Violée par des soldats franquistes, puis internée en clinique psychiatrique, entre folie et lucidité, elle voit son existence bouleversée. Libérée l’année suivante, elle s’enfuit à New York, puis, fin 1942, s’installe à Mexico jusqu’à sa mort, en 2011, à l’âge de 94 ans.


« La plupart d’entre nous, je l’espère, savent désormais qu’une femme ne devrait pas avoir à se battre pour ses droits. Ses droits existaient depuis le début… »
En pratique : « Leonora Carrington », jusqu’au 19 juillet au Musée du Luxembourg, 19, rue de Vaugirard, 75006 Paris. Tous les jours, de 10h30 à 19 heures, nocturne le lundi jusqu’à 22 heures.
Exposition coorganisée par le GrandPalaisRmn et MondoMostre.




