Comment vivrons-nous en 2040 ? Dans leur studio de 26 m², deux figures de la low-tech, l’ingénieur Corentin de Chatelperron et l’architecte d’intérieur Caroline Pultz, ont créé pendant quatre mois une « biosphère urbaine ». Un écosystème d’astuces économes en électricité se répondant en circuit quasi fermé. Un logement aux allures de laboratoire pensé et configuré pour utiliser peu de ressources et générer le moins de déchets possible. Résultat : à la fin de l’expérience, avec ce mode de vie, ils avaient réussi à réduire par 15 leur consommation d’énergie et d’eau estimant à 2,2 tonnes de CO2 leurs émissions annuelles individuelles. Soit l’équivalent d’un aller-retour Paris-New York en avion. « C’est notre seule déception, car on visait 2 tonnes, comme préconisé par les scientifiques pour limiter le réchauffement climatique à 1,5 °C », avoue Corentin. Mais durant ces mois, les deux activistes ont pu tester de nombreuses innovations, toutes reproductibles chez soi.

A commencer par leur invention phare : la douche brumisante, inspirée par la NASA. Plutôt qu’un pommeau ciblé, de fines gouttes au large spectre. « C’est encore plus agréable qu’une douche traditionnelle ! », s’enthousiasme l’ingénieur. Surtout, elle leur a permis de diviser par 5 la consommation d’eau, tout en nourrissant la culture de champignons comestibles dans la douche. Filtrée naturellement, l’eau était réutilisée pour les plantes qui poussaient dans la cuisine en bioponie et circuit très court.


2. La « cocotte du futur » isolée et connectée pour économiser de l’énergie. – ©Biosphère Expérience


2. Les plantes dans la cuisine. – ©Biosphère Expérience
Mais surtout, leur expérience s’est ancrée dans un système plus global, un réseau d’entraide avec le voisinage sans qui le projet n’aurait pas pu voir le jour. Elevage de grillons, de larves de mouches, culture de plantes comestibles… au total, 14 personnes ont aidé les deux cobayes qui, chaque semaine, passaient une demi-journée à La Ferme des Loges, aux Loges-en-Josas, en échange de 8 kg de légumes. « C’est dans le collectif que l’on trouve la motivation et la persévérance nécessaires pour changer ses habitudes sur le long terme », assurent-ils aujourd’hui.
Caroline Pultz et Corentin de Chatelperron sont convaincus de la nécessité des changements collectifs. Ils partagent cette aventure incroyable, toutes leurs inventions et les résultats de cette expérience de quatre mois sur le site de La Biosphère Expérience, mais aussi dans un livre, L’Appart du futur (éditions ARTE/Actes Sud) qui vient de sortir, ainsi que dans une mini websérie disponible sur Arte.tv. « La transition ne viendra pas seulement d’en haut : elle prendra racine dans les foyers, les immeubles, les quartiers », concluent-ils.
Instagram : @biosphere.experience, @corentin_dechatelperron, @pultzca
Site internet : https://biosphere-experience.org/biosphere-urbaine/





