SEMPÉ : À la recherche du trésor perdu

On pensait connaître Sempé : Le Petit Nicolas, Paris, The New Yorker, et ce trait immédiatement reconnaissable. «Trésors retrouvés» (éditions Caurette) explore une partie plus méconnue de son œuvre : des dessins de presse, publicités et publications rares, parfois jamais réédités. Plus qu’une rétrospective, le livre prend des airs de fouille d’archives.

Couverture de « Sempé – Trésors retrouvés », éditions Caurette – Les Arts Dessinés

On pensait connaître Sempé : Le Petit Nicolas, Paris, The New Yorker, et ce trait immédiatement reconnaissable. «Trésors retrouvés» (éditions Caurette) explore une partie plus méconnue de son œuvre : des dessins de presse, publicités et publications rares, parfois jamais réédités. Plus qu’une rétrospective, le livre prend des airs de fouille d’archives.

Ce nouvel album rassemble croquis, dessins humoristiques, illustrations publicitaires et collaborations avec la presse : des créations parfois oubliées, publiées depuis les années 1950. Autant de trésors dispersés dans les pages de journaux et de magazines, qui témoignent de la richesse de l’œuvre de Sempé et permettent de redécouvrir le dessinateur au-delà de ses illustrations les plus célèbres, et ce grâce au travail de fourmi du passionné Yves Cheminant.

moustique 1954 07 25 n1487 nicolas
« Le Petit Nicolas », Le Moustique, n° 1487, 25 juillet 1954. © Sempé

LA PRESSE COMME TERRAIN DE JEU

Arrivé à Paris au début des années 1950, Jean-Jacques Sempé (1932-2022) débute sa carrière en se faisant progressivement une place dans les rédactions. Avec René Goscinny naissent les premières aventures du Petit Nicolas. Son trait s’installe ensuite dans les pages des magazines Paris Match puis de Punch. En 1978, il traverse définitivement l’Atlantique en rejoignant The New Yorker. Une consécration pour celui qui rêvait depuis longtemps du magazine américain et qui en réalisera plus d’une centaine de couvertures. Et si ses dessins restent si actuels, c’est aussi parce que les sujets qu’il observait n’ont pas vraiment disparu.

lui 1964 01 lui n002 p077
Sempé, illustration de fêtes de fin d’année, parue dans Lui, n° 2, janvier 1964, p. 77. © Sempé

Derrière ses personnages souvent naïfs, Sempé racontait les contradictions de la vie moderne, la solitude des grandes villes ou encore le conformisme, sans jamais chercher à donner de leçon. Sempé, le poète du quotidien, observe aussi bien les moments de solitude que ces petits instants de bonheur qui passent souvent inaperçus. La légèreté de son dessin était pourtant beaucoup moins spontanée qu’elle n’en avait l’air. Derrière l’économie du trait se cachait un dessinateur extrêmement exigeant, capable de reprendre encore et encore une même planche avant d’en être satisfait.

« Je dessine ce que j’aurais voulu être »

 – Sempé à propos de son œuvre
megabyl menu 11
Sempé, menu illustré pour le Mégabyl (Laboratoires Le Brun), vers 1960. © Sempé

UN HOMMAGE À SEMPÉ

Passionné de dessin et fin connaisseur de la presse, Yves Cheminant, auteur et chercheur indépendant, a consacré quatre années de recherches à retrouver les dessins oubliés de Sempé, notamment dans les archives du New Yorker.

Mais Trésors retrouvés ne s’arrête pas là. À partir des nombreuses interviews accordées par l’artiste au fil de sa carrière, Yves Cheminant recompose une conversation dans laquelle Sempé se confie sur son travail, son rapport à l’humour et la musique, sa grande passion. Une occasion de découvrir une facette plus intime du dessinateur, entre souvenirs d’enfance, doutes et rapport à la célébrité.

1962 11 09 sempe autoportrait le figaro
Sempé, autoportrait, Le Figaro, 9 novembre 1962. © Sempé

Beau Magazine N°16

Le monde change, et pour soutenir ce monde en devenir, BEAU Magazine fédère et raconte ceux qui agissent aujourd’hui.
Acheter le numéro

TouTES Nos Actualités

Immergez-vous dans l'univers de BEAU Magazine avec notre newsletter. Une compilation d'histoires visuelles, un concentré de créativité directement dans votre boîte de réception, une fois par semaine.