« CÉZANNE ET NOUS », AU GRAND PALAIS
« Cezanne est notre père à tous », disait Pablo Picasso. Il « parle à l’esprit par le chemin des yeux », notait Paul Sérusier. « Cezanne doit effrayer et déplaire », écrivait à son tour Paul Signac en 1895. Comment un peintre considéré « marginal » de son vivant, rejeté par les Beaux-Arts (il a été admis à exposer au Salon une seule fois, en mai 1882, sans succès), est-il devenu une référence pour les autres artistes, une figure exemplaire et un modèle à suivre pour tous – à l’exception des surréalistes et des dadaïstes, Salvador Dali l’ayant même qualifié de « pire de tous les peintres » ?



2. Peter Doig, Bather (2023), détrempe sur lin, 250,7 x 200,7 cm. Gagosian, New York. ©Peter Doig. All Rights Reserved, DACS / Adagp, Paris, 2026, photo collection of Larry Gagosian
3. Henri Matisse, Baigneur (été 1909), huile sur toile, 92,7 x 74 cm. The Museum of Modern Art, New York. ©Digital Image, The Museum of Modern Art, New York / Scala, Florence
« D’une pomme d’un peintre vulgaire on dit : j’en mangerais ! D’une pomme de Cezanne on dit : c’est beau ! »
Jusqu’au 17 janvier prochain, le Grand Palais, en collaboration avec le musée d’Orsay, l’Orangerie et le Centre Pompidou, explore cette influence de Paul Cezanne (1839-1906), « père incontesté de l’art moderne » : des premiers admirateurs, cette jeune génération de peintres qui découvre son travail dès les années 1880 – Paul Gauguin, Emile Bernard, Vincent van Gogh, Paul Signac, Paul Sérusier, Maurice Denis –, jusqu’aux « héritiers cezanniens », du monde entier – Henri Matisse, Pablo Picasso, Piet Mondrian, Fernand Leger, Alberto Giacometti, Roy Lichtenstein, Andy Warhol, Zao Wou-Ki, Joan Mitchell, Bridget Riley, Peter Doig… Au total, 69 peintures de Cezanne sont mises en dialogue avec 105 œuvres de 78 artistes internationaux. Tous ont « regardé » le travail du maître et trouvé une liberté d’expression et d’esprit, une radicalité formelle et une autre manière de représenter le monde. « C’est la première fois, dans un paysage institutionnel parisien exacerbant la rupture entre l’art du XIXe siècle et l’art moderne, qu’une exposition permet d’en montrer la continuité », racontent ses quatre commissaires. Inédite et magnifique.



Cezanne a peint la montagne Sainte-Victoire plus de 80 fois, la qualifiant de « beau motif » dans une lettre adressée à Émile Zola en 1878.
2. Mark Tansey, Valley of Doubt (1990), huile sur toile, 222,9 x 366,7 cm. Whitney Museum of American Art, New York. ©Mark Tansey, photo Whitney Museum of American Art, New York / Tim Nighswander
3. Etel Adnan, Paysage (2014), huile sur toile, 32 x 41 cm. Musée de l’Institut du monde arabe, Paris. ©Adagp, Paris, 2026, photo musée de l’IMA / Jean-Louis Losi
INFOS PRATIQUES :
Musée du Grand Palais, entrée square Jean-Perrin, 17 av. du Général Eisenhower, 75008 Paris.
Jusqu’au 17 janvier 2027. Ouvert du mardi au dimanche, de 10h à 19h30, nocturne le vendredi jusqu’à 22h.
Tarif : 19 € ; tarif réduit : 16 €.
Site officiel : grandpalais.fr
À SAVOIR :
Cézanne ou Cezanne ? Les sources montrent la coexistence des deux orthographes : les documents officiels, sa famille et la presse de l’époque utilisent la forme accentuée, tandis que le peintre lui-même signe ses tableaux et écrit son nom sans accent. Les musées partenaires de l’exposition « Cezanne et nous » ont fait le choix de privilégier cette dernière graphie. Nous les avons suivis.
« MONET, PEINDRE LE TEMPS », AU MUSÉE DE L’ORANGERIE
Cent ans après la mort de Claude Monet (1840 – 1926), le musée de l’Orangerie met en lumière son œuvre sous le prisme du temps. Au XIXe siècle, le chemin de fer et la photographie viennent bouleverser le concept de temporalité de l’époque. Monet, lui, choisit de ralentir face à ça, une philosophie avant-gardiste pour l’époque, qui prend d’autant plus son sens aujourd’hui.


2. Claude Monet, Meules, effets de neige (1891), huile sur toile, 65 x 92 cm. The Metropolitan Museum of Art, New York. ©RD
« Un paysage, pour moi, n’existe point en tant que paysage, puisque l’aspect en change à chaque moment. »
« on n’avait pas encore su exprimer à ce point, la poésie magnifique de l’instant qui passe, de la vie qui continue. »



2. Claude Monet, Nymphéas bleus (entre 1916 et 1919), huile sur toile, 204 x 200 cm. Musée d’Orsay, Paris. ©RD
3. Claude Monet, Iris et Nymphéas, huile sur toile. ©RD
INFOS PRATIQUES :
Musée de l’Orangerie, Jardin des Tuileries, 75001 Paris.
Du 30 septembre 2026 au 25 janvier 2027. Ouvert de 9h à 18h, sauf le mardi. Nocturne le vendredi jusqu’à 21h.
Tarif : 12,50 € en plein tarif, 10 € en tarif réduit. Réservation d’un créneau recommandée.
Site officiel : musee-orangerie.fr
À NOTER :
Site officiel : marmottan.fr





