Saviez-vous que, traditionnellement, un skateboard est fabriqué à partir de sept couches d’érable du Canada ? Réputé pour sa forte densité et sa régularité du fait de sa croissance lente à des températures négatives, son bois est le matériau privilégié de la plupart des entreprises qui produisent des planches à roulettes. La plupart sont pressées aux Etats-Unis, au Mexique ou encore en Chine, puis elles sont décorées, souvent avec des produits chimiques. Ainsi, avant d’arriver sous les pieds de ses fans européens, chaque skate a donc déjà parcouru des milliers de kilomètres et subi un procédé de traitement néfaste pour l’environnement et dangereux pour les personnes qui le fabriquent.
Rencontre avec Arkaïc, NoK Boards et Trasboard.

A Lyon, Arkaïc produit manuellement et en petite série
« La préservation de l’environnement, ça va du travailleur à la planète », déclare Brice Baleydier. C’est à la suite de problèmes de santé dus à des produits utilisés dans l’industrie automobile et aéronautique que ce passionné de board culture a changé de voie. Plus question de respirer des produits toxiques à longueur de journée. Alors, quand il se lance dans la fabrication de skateboards et crée Arkaïc, en 2012, cet ingénieur en matériaux et procédés de fabrication se tourne vers les colles les moins chimiques possible. « Il reste forcément un peu d’alcool dans notre solution, mais au moins, c’est de la colle à base d’eau. » Moins nocive pour la santé, meilleure pour l’environnement.
Aujourd’hui spécialisé dans la personnalisation de planches, il fabrique sur mesure dans son atelier de 500 m², pour éviter la surproduction. Des modèles uniques, découpés selon son design en interne à Caluire-et-Cuire, près de Lyon, ou dans des usines européennes avec du bois issu de forêts durablement gérées.



A Grenoble, NoK Boards donne une deuxième vie aux snowboards


2. Une skateboard NoK Boards en cours de fabrication. – ©NoK Boards
A Bayonne, Trashboard innove en transformant les poubelles
Installé à Bayonne, François Jaubert a créé un nouveau matériau qui a les mêmes propriétés que les planches classiques, à base de carton recyclé et des chutes de carbone d’Airbus. « Ce carbone est hyper compliqué à recycler car il est très épais, mais il est parfait pour notre procédé. » Ainsi est née en 2017 Trashboard, en référence à sa « passion pour les déchets ». Chacune de ses planches émet moins de 10kg de CO2 grâce à une chaîne de fabrication qui reste en France. Et l’entrepreneur-inventeur travaille déjà sur un nouveau procédé qui la ferait descendre en dessus de 2kg de CO2 émis.


Servir d’exemple
Pour faire changer les mentalités des fans du skate, nos artisans adaptent leur message. « Même si on innove dans une démarche écologique, on n’appuie pas beaucoup là-dessus auprès de notre communication, explique Adrien Reguis, de NoK Boards. On préfère toucher aux émotions, plutôt qu’à la conscience écologique. Les gens achètent nos skates avant tout parce qu’ils sont beaux et de bonne qualité. »
Tout reposerait donc sur les épaules des skateurs. Mais sont-ils prêts à mettre le prix pour des skateboards plus écologiques ? « Les skateurs sont les plus conservateurs des sportifs, se désole François Jaubert de Trashboard. Il sont super inventifs quand il s’agit de faire des figures, mais beaucoup moins quand il s’agit de changer les matériaux de fabrication de leurs planches. »


Pour plus d’informations :
Site web : https://arkaic-skateboard.fr/ et https://www.arkaic-concept.fr/arkaic-skatecustom
Site web : https://nokboards.com/
Site web : https://trashboard.fr/





