Mais le plus inattendu est peut-être du côté de la photo expérimentale. Chloé Sharrock reprend les photographies réalisées durant ses reportages en zones de guerre pour les recouvrir de charbon ou de fusain. Dans Interior I, Kharkiv, l’image d’un bâtiment éventré par les bombardements devient une œuvre troublante, à mi-chemin entre photographie et dessin. Comme si, en reprenant la main sur l’image, l’artiste cherchait aussi à reprendre prise sur ce qui a été détruit. À découvrir aussi, les photographies d’Alexandre Dupeyron, qui aime se perdre dans les villes pour en saisir les mouvements. Dans sa série Dysnomia, les silhouettes deviennent des apparitions, happées par une lumière bleue presque irréelle. L’artiste utilise la gomme bichromatée, un ancien procédé de tirage aux pigments qui donne à ses images des allures de peinture. Fascinant.