Cela fait plus de trois décennies qu’Agnès Jaoui trace un sillon singulier dans le paysage culturel français. Actrice, réalisatrice, autrice et chanteuse, elle ausculte, avec une rare acuité, toutes les fragilités et les maladresses des personnes qui habitent ses œuvres. Révélée au théâtre puis au cinéma aux côtés de Jean-Pierre Bacri, avec qui elle forme un duos d’écriture devenu mémorable, elle construit une trajectoire profondément humaniste où l’intime éclaire le collectif. Récompensée par de nombreux César, elle ne cesse de s’aventurer dans de nouveaux territoires artisitiques. Pour « L’Objet du délit », elle revient derrière la caméra et nous plonge au cœur d’une troupe d’opéra traversée par une accusation d’agression sexuelle (à voir actuellement en salles). Elle s’essaie aussi à l’exercice de présidente du jury pour la 40e édition du Festival de Cabourg (du 10 juin au 14 juin 2026, dans le Calvados) apportant avec elle son regard libre, exigeant et attentif aux autres.
Agnès Jaoui a confié à BEAU Magazine ses quatre plus belles lectures de chevet.
1. « oRgueil et préjugés » de jane austen

Agnès Jaoui : « On peut le lire à 20 ans, comme ça été mon cas, et puis, en le relisant, se rendre compte à quel point c’est profond, fin, précieux. C’est, bien sûr, une magnifique histoire d’amour, mais ça parle aussi de classes sociales, de différences de genres. »
2. « l’art de la joie » de goliarda sapienza

Agnès Jaoui : « Un ovni publié après la mort de son autrice. Complètement étonnant de liberté et d’humour, avec ce parcours de femme, de résilience en résilience, plein de force et de vitalité. Un livre aussi sublime que son titre, un roman que j’aime offrir. »
3. « Middlemarch » de george eliot

Agnès Jaoui : « George Eliot est une autrice méconnue en France, mais tout aussi passionnante que Jane Austen, avec qui elle a beaucoup de points communs. C’est quelqu’un qui a fait un pas de côté par rapport à la norme de sa société, et qui observe avec finesse, humour et profondeur. »
4. « l’homme qui aimait les chiens » de leonardo Padura

Agnès Jaoui : « Auteur culte à Cuba, alors qu’il ne fait que dénoncer le régime. En suivant Ramón Mercader, l’assassin de Trotski, Padura nous offre une vision de l’histoire d’une certaine gauche qui est passionnnante, surtout avec ce qui se passe aujourd’hui. Il se lit comme un thriller, et pourtant on connaît la fin. »
Une réadaptation des Noces de Figaro après la vague #MeToo
« L’Objet du délit » est le premier long-métrage écrit et réalisé par Agnés Jaoui. Pour la première fois, elle prend la caméra et l’écriture sans Jean-Pierre Bacri, disparu en 2021, avec qui elle avait beaucoup collaboré sur ses anciens projets. Prenant place dans les coulisses d’une mise en scène de l’opéra de Mozart Les Noces de Figaro, le film nous plonge dans une affaire d’accusation sexuelle au sein de la troupe. Quelle position prendre ? Faut-il arrêter la production ? Des questions qui traversent toute la bande, après le retentissant mouvement #MeToo, et où éclatent des conflits d’opinion et de génération. Le film était par ailleurs présenté hors compétition au Festival de Cannes 2026.
Durée : 2h14. Sortie : mai 2026





