BEAU Magazine : Pourquoi avoir choisi l’artiste Neos pour cette édition ?
Chayma Mehenna : Son travail sur les textures, l’entre-deux digital et nature, son amour de la culture japonaise et ses origines vietnamiennes nous ont tout de suite séduits. Dans nombreuses de ses créations, tout un écosystème semble pousser et grandir pour disrupter ce qui a été construit par l’humain : comme si la nature reprenait ses droits sur la technologie. Une résistance que nous avons trouvée très forte symboliquement. Les créations de Neos, avec ce mélange caractéristique de métal et d’élements de la nature, semblent vivantes et organiques. Elles donnent envie de s’y attarder.



BM : Avez-vous une anecdote concernant la construction de cette direction artistique ?
CM : Au départ, nous pensions partir sur une des ses pièces technologiques recouvertes de mousse, de branches et de cristaux, mais, au fil des échanges, nous sommes arrivés à un mélange de 2D et de 3D (les éléments technologiques et la flore) original et unique. Cette hybridation fait un parfait clin d’œil à notre programmation qui ne connaît pas de fontières.

CM : Nous n’attendons pas une simple affiche mais tout un système graphique avec une infinité de possibles pour pouvoir le déployer tout au lond de l’année. Mais le plus important reste la capacité à cet univers à interpeller, à marquer une histoire. Depuis quatre ans, nos visuels sont des univers fantastiques, avec des couleurs irréelles et des éléments démesurés ou étranges, pouvant évoquer un discours autour d’une « planète B ». Qu’il s’agisse de plantes fantomatiques, de graines fluorescentes, d’insectes ou de champignons géants, nous invitons le public à explorer l’inconnu et 2026 haut la main.
A ne pas rater :
L’édition 2026 We Love Green aura lieu du 5 au 7 juin.
L’univers de Neos
Neos, de son vrai nom Long Dang, est un graphiste vietnamien. Il débute à l’université, où il suit un double cursus en informatique et en graphisme. Très tôt, il expérimente l’affiche comme terrain d’expression, avant de s’orienter pleinement vers la création visuelle, notamment après le bouleversement du COVID-19, qui le pousse à délaisser l’informatique. Cette période charnière marque un tournant décisif vers une pratique plus personnelle.

Sa collaboration avec We Love Green illustre parfaitement sa démarche. Repéré grâce à ses créations diffusées en ligne, il conçoit un univers où éléments organiques et structures numériques cohabitent. « Mon objectif était de créer un écosystème visuel. Plantes, fleurs et technologies coexistent dans mes créations », explique-t-il.
Au cœur de son travail se trouve une volonté de traduire des sensations – notamment musicales – en images. « Souvent, les musiciens m’envoient leur musique et je la traduis en langage visuel », confie-t-il. À travers des pochettes d’albums et des affiches, et désormais, dans la création de tout un univers pour We Love Green – « je ne me rendais pas vraiment compte qu’un festival demanderait autant de travail… », admet-il. Cette approche donne naissance à des œuvres immersives, où rythme, couleurs et formes dialoguent pour proposer une expériences à la fois poétique et innovante.






