Biennale de Venise 2026 : nos cinq coups de cœur à ne pas manquer

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La commissaire d’exposition Koyo Kouoh, décédée il y a un an, était en charge de curater l’exposition «In Minor Keys» du pavillon international de la Biennale de Venise. – © Andrea Avezzu
La 61e édition d’un des plus grands rendez-vous internationaux d’art contemporain, où s’exposent des artistes du monde entier, vient d’ouvrir ses portes à Venise. Alors qu’elle est traversée par plusieurs controverses et polémiques, entre la démission soudaine du jury et les manifestations contre la présence des pavillons russe et israélien, BEAU Magazine prend un pas de côté et vous conseille cinq expositions coups de cœur, à découvrir sur place jusqu’au 22 novembre.

C’est l’heure, après deux ans d’attente. Le 9 mai, la Biennale d’art contemporain de Venise a pris place sur les rives du Grand Canal. Une ouverture des plus remarquées : les nombreux appels à exclure Israël et la décision de l’institution d’autoriser l’Ukraine en 2023 ont fait de l’exposition internationale d’art un événement d’autant plus politique qu’il ne l’est déjà. Plus récemment encore, c’est la présence des Etats-Unis qui a suscité des réactions après les attaques orchestrées par le président Donald Trump contre l’Iran. Autre événement marquant : la perte soudaine, l’an dernier, de sa commissaire Koyo Kouoh a plongé l’équipe dirigeante de la Biennale dans la tristesse et la consternation. La curatrice suisso-camerounaise, grande figure de l’art contemporain qui avait été nommée à la tête de cette 61e édition, est décédée l’an dernier des suites d’un cancer.

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Koyo Kouoh s’était imposée comme l’unes des plus importantes commissaires d’exposition africaines. – © Mehdi Benkler

Le titre et le thème que Koyo Kouoh avait choisi pour cette édition est In Minor Keys (En tonalités mineures). Un thème qui, selon ses propres mots, met à l’honneur les petites nuances qui influencent le quotidien en appelant à « aller vers les fréquences mineures, perdues dans la cacophonie du chaos actuel ». Plus de 100 pavillons nationaux sont à découvrir, des fondations et des galleries à visiter aux quatre coins de la Cité des Doges. Vous avez jusqu’au 22 novembre pour vous y aventurer, et nous vous avons fait une sélection des expositions à ne pas rater. 

1.    La télévision et son emprise sur la sphère privée

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1 et 2. Le Pavillon suisse présente cette année l’exposition « The Unfinished Business of Living Together ». – © Christian Beutler/Keystone.
Quel pouvoir la télévision exerce-t-elle sur nos débats contemporains ? C’est à partir de cette question que le collectif artistique –  Nina Wakeford, Miriam Laura Leonardi, Lithic Alliance et Yul Tomatala – investit le Pavillon suisse avec The Unfinished Business of Living Together. A partir d’extraits de talk-shows suisses des années 1970 et 1980, où « le problème de l’homosexualité » était très sérieusement débattu, le projet interroge la manière dont les médias façonnent notre capacité à cohabiter avec les différences. En réactivant ces archives télévisuelles, l’exposition montre comment certaines voix ont été marginalisées, rendues inaudibles ou ridiculisées. Un projet qui vient questionner plus largement les tensions traversant le vivre-ensemble dans nos sociétés. Véritable terrain d’étude politique et intime, l’exposition mérite largement le détour. 

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Le projet prend naissance par une réflexion initiée par les curateurs Gianmaria Andreetta et Luca Beeler. – © Christian Beutler/Keystone.

Prix : accès inclus avec le ticket d’entrée (adultes : 30€ ; –26 ans : 16€ ; adultes + 65 ans : 20€ ; enfants : gratuit)
Adresse : Pavillon suisse, Giardini della Biennale di Venezia, Venise, Italie.
Date : 
9 mai au 22 novembre 2026
Site Web : prohelvetia.ch/fr
Instagram : @prohelvetia_venice

2.    Critique en pleine face de Venise

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1 et 2. Plus de 30 œuvres inédites sont présentées à l’exposition « The Visitors » de l’artiste Hernan Bas à la galerie Ca’ Pesaro. – © Andrea Rossetti

« Je ne suis pas une touriste, je vis ici », peut-on lire sur le tee-shirt d’un vacancier en escapade. C’est avec un regard presque acerbe que Hernan Bas présente son exposition The Visitors, à Venise, cette ville envahie par les foules comme nulle autre. A travers plus de 30 œuvres inédites, l’artiste américain met en scène une galerie de « visiteurs » – il préfère ce terme à celui de touriste, qu’il juge plus sinistre – composé d’hommes blancs privilégiés. Avec beaucoup de finesse et d’humour, Bas transforme ces personnages en figures inquiétantes, presque grotesques : ces derniers voyagent avec en tête une quête insatiable de loisirs et de distinction sociale. Une exposition particulièrement lucide sur les effets de ce tourisme guindé, à retrouver en parallèle de la Biennale. 

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1 et 3. « Alone with Lisa » (the Louvre, Paris), 2025 et « The Romeo of last resort », 2025 par Hernan Bas.
2. Herman Bas peint quasiment toujours des hommes blancs assez fins. – © Andrea Rossetti

Prix : 15 € le ticket et 7,50 € à prix réduit
Adresse : 
Ca’ Pesaro Sale Dom Pérignon, II Piano, Venise, Italie. 
Date :
7 mai au 30 août 2026
Site Web : capesaro.visitmuve.it
Instagram : @museocapesaro

3.    Des mémoires très politiques

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Ruin est le fruit de la collaboration entre les artistes Sung Tieu et Henrike Naumann. Ci-dessus l’œuvre de cette dernière, « The Home Front », 2026. Courtesy of the Artist – © Jens Ziehe

Que reste-t-il des idéologies une fois les régimes disparus ? Au Pavillon allemand, l’exposition Ruin réunit le travail des artistes Sung Tieu et Henrike Naumann – morte en février dernier – pour explorer les traces laissées par l’histoire allemande à travers l’espace public et domestique. A l’extérieur, une façade monumentale héritée du passé nazi. A l’intérieur, une installation qui trannsforme les meubles et les objets du quotidien en des symboles idélogiques. Le projet révèle comment la politique s’infiltre jusque dans l’intimité des foyers : elle habite les lieux autant que les récits collectifs. Une exposition qui interrroge autant un passé révolu qu’un présent encore traversé par des fractures vives. 

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La propagande politique s’infiltre dans l’architecture et l’espace public, mais aussi dans les objets du quotidien.
1. Sung Tieu, « Human Dignity Shall Be Inviolable », 2026. Courtesy the Artist. – © Andrea Rossetti
2. . Henrike Naumann, « The Home Front », 2026. Courtesy the Artist. – © Jens Ziehe, Berlin

Prix : accès inclus avec le ticket d’entrée
Adresse : 
Pavillon allemand, Giardini della Biennale di Venezia, Venise, Italie.
Date : 
9 mai au 22 novembre 2026
Site Web : ifa.de/en/
Instagram : @ifa.de

4.   Made in Maroc

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1 et 2. Hassan Hajjaj est l’une des figures du Pop Art en y ajoutant des références de sa double culture. – © Gabriele Bortoluzzi

Avec Venise, 1447, le créateur maroco-britannique Hassan Hajjaj rejoue ses classiques. Pour celui qui s’est hissé parmi les grands noms du Pop Art contemporain, en tirant le portrait de Billie Eilish ou Cardi B à la mode marocaine, l’artiste rassemble ses compositions les plus emblématiques et flamboyantes. Il y mêle une esthétique populaire et détourne les codes du genre : cadres faits de matériaux industriels, objets du quotidien, logos de marques, vêtement à la frontière des traditions berbères et de la street culture. Avec ces couleurs vives, Hajjaj construit un langage visuel joyeux mais subversif en interrogeant les représentants et les identités postcolonialismes. 

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L’artiste avait notamment créé le portrait de Madonna en 2018. -© Gabriele Bortoluzzi

Adresse : Salizada San Samuele, Venise, Italie. 
Date :
5 mai au 27 juin 2026
Site Web : 193gallery.com
Instagram : @193gallery

5.    Célébration des marges

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1, 2 et 3. L’exposition célébre l’identité queer en détournant les rituels d’humiliation dont était victime les personnes LGBT+. Ci-dessus, le film « Submit to Sound », par Mount Stuart et produit par Forma, et l’installation « Nocturnal Amusements ». -© Dimitri D’Ippolito

Au Pavillon écossais, le duo formé par Davide Bugarin et Angel Cohn Castle présente Shame Parade. Inspiré du charivari – ces défilés du XIVe siècle visant à humilier celles et ceux qui s’écartent des normes sociales –, le projet questionne les mécanismes de surveillance des corps et des identités. En mêlant références écossaises, folklore philippin et culture drag, les deux artistes explorent la manière dont la honte, le regard public et la pression à la conformité continuent de marquer les personnes queer aujourd’hui. Une exposition qui vient finalement détourner ces pressions, manière de les combattre. 

Prix : accès inclus avec le ticket d’entrée
Adresse : 
Pavillon écossais, Olivolo Castello 59/C, Venise, Italie. 

Date : 9 mai au 22 novembre 2026
Site Web : scotlandandvenice.com
Instagram : @scotlandvenice

Pour plus de renseignements sur la programmation de la Biennale : labiennale.org 

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