
La plupart des retraites de bien-être se focalisent sur les données physiologiques de l’organisme. Même celles qui se veulent holistiques, voire spirituelles, travaillent sur un rééquilibrage du système nerveux. Or, notre mode de fonctionnement – physique et mental – dépend de notre histoire, de nos émotions et des systèmes de protection mis en place depuis l’enfance. Un changement en profondeur ne peut s’opérer qu’après une introspection bien guidée pour se libérer des peurs ancrées et travailler sur son identité. C’est cette démarche que propose L’Arbre qui marche. Dans le charmant village de Cuguen, à une demi-heure du Mont-Saint-Michel, Gwenn et Paolo révèlent l’arbre qui réside en chacun, en grattent l’écorce pour en laisser parler la sève et l’activer.
« Chez nous, on vient se réancrer, se réaligner afin de retrouver un moyen de vibrer à l’unisson avec ce qui nous entoure. » En quelques mots, Gwenn Libouban, réflexologue formée à la psychothérapie et à l’énergétique, annonce le chemin que les curistes vont emprunter durant trois jours. Dans ce sanctuaire vibrant qu’elle a façonné avec son mari, Paolo Malvarosa, psychothérapeute, maître shiatsu et danse-thérapeute, tout a été étudié avec précision. Car l’environnement aussi a un impact. Formée à la géobiologie, Gwen en est convaincue. L’arbre qui marche accueille ainsi ses résidents dans une longère du XVIe siècle réhabilitée avec des matériaux nobles (laine de bois, enduits en chaux-chanvre), qui respirent. Même le jardin créé par Camille Müller, paysagiste ami de Paolo, est un modèle d’harmonie et de justesse. A table, quatre chefs en alternance proposent une cuisine végétale basifiante, composée de produits locaux, de saison. Nous devrions manger à 70 % basique (végétaux, légumineuses, spiruline, algues, pollen frais, épices) et à 30 % acide (sucre, produits animaux, farines blanches, gluten, alcool, excitants). Or, nous faisons l’inverse, avec l’apparition de troubles comme l’inflammation, la dysbiose intestinale, l’apathie.

Côté pratique, durant cette cure, trois temps forts quotidiens se répondent et se complètent pour amplifier le processus de transformation de chacun. Le Yoga Kundalini, avec Paolo, permet d’entrer en contact avec soi, de redéployer le corps et de l’ancrer dans un mouvement juste : « Une façon unique de se relier à l’énergie du corps et à ce qui en fait son essence. » La Réflexologie avec Gwenn aide à lever les blocages physiologiques, émotionnels, à remettre en route ses systèmes (nerveux, respiratoire, lymphatique, digestif, hormonal) et à retrouver l’élan vital : « Chaque séance ouvre, verrou après verrou, des portes cadenassées qui permettent d’évoluer jusqu’à la suivante. » Et l’art-danse-thérapie, où Paolo met en lumière les déséquilibres et les souffrances de chacun, en s’appuyant sur une expression artistique spontanée, afin de les libérer et de les faire évoluer : « Par le biais d’une remise en mouvement, d’un réancrage profond et d’un dialogue fécond, je prends en charge les blessures émotionnelles et relationnelles pour en faire des points d’appui. »

Trois jours pour apprendre à…
1. S’enraciner
« Dès que je suis en prise directe avec le pied, je sais tout de suite si la personne habite son corps. Si elle est hors sol, comme un arbre déraciné, comment peut-elle prendre les bonnes décisions ? », souligne Gwenn Libouban. Ancré, cela veut dire avoir une bonne assise, avoir confiance en soi, confiance en la vie. C’est intéressant pour ceux qui cherchent à développer leur inspiration, leur créativité, leur intuition, malgré un mental surchargé. Car s’ancrer à la terre, c’est pouvoir s’élever.
2. Se tenir debout
Nous sommes à la fois des êtres terrestres (de matière) et des êtres plus subtils (d’énergie). Pour être en bonne santé, il faut être relié, comme l’arbre, à la terre et au ciel. Les Indiens pensaient déjà que le déséquilibre, voire la maladie, survient quand l’énergie entre ces deux polarités est coupée. Dès qu’une personne n’est plus alignée, son mental est surinvesti, la peur prend toujours le dessus et nous ballotte au gré des événements.

3. S’écouter
Chaque crispation, chaque douleur, est un signal envoyé par le corps. Ce qui souffre à l’intérieur de nous est comme un enfant qui pleure, à qui l’on dit de se taire. La maladie, si on l’ignore, en sort ragaillardie et s’exprime autrement. Ce ne sont pas les émotions négatives qui conduisent aux blocages, mais les émotions accumulées et réprimées.
4. Marcher
Il n’y a rien de mieux pour se décharger et se recharger que de marcher pieds nus dans la rosée du matin. Les capteurs sensoriels de la voûte plantaire se régalent. La marche nus-pieds nous fait prendre conscience de nos pas. C’est une bonne façon de se reconnecter à l’instant présent. S’y adonner de préférence au soleil levant, car l’énergie montante nous fait monter en fréquence, et avec lenteur, pour se mettre au diapason de la nature.


2. Dans la salle de yoga, on pratique face au lever du jour, guidé par Paolo.
Prix : à partir de 1 680 € la cure de 3 jours/4 nuits (visite du Mont Saint-Michel incluse).
Adresse : L’Arbre qui marche, 12 La Villate, 35270 Cuguen.
Site web : larbrequimarche.fr
Instagram : @larbrequimarche
À lire : L’homme est un arbre qui marche, de Gwenn Libouban (éd. Marabout).



