Il y a quelques mois à peine, début juin, une porte s’est ouverte à Paris. Nichée passage des Panoramas, dans une galerie marchande d’époque. L’enseigne toujours en place indique « Philatélie ». Pourtant, à l’intérieur, les rayonnages de timbres ont été remplacés par des vinyles qui tapissent les murs. Dans une typographie plus moderne, sur le flanc de la façade, au-dessus de la baie vitrée qui étend le café à l’extérieur, on peut y lire son nom : Sound and Coffee, qui annonce une expérience pensée pour réjouir l’ouïe autant que le goût.

Récupérée il y a un an, l’ancienne boutique a été transformée de haut en bas par Cyril K. Plus de portes closes ni d’odeur de pipe, mais un parfum de café à leur place. Tout a été pensé dans le détail : des tables en forme de vinyle, un plafond acoustique, une bibliothèque sur mesure pour ranger les disques et les enceintes et, pour les fins connaisseurs, des platines Freevox, qui rappellent à Cyril K. sa carrière passée. Car les vinyles que l’on peut y trouver, ils ont été choisis par le propriétaire avec soin. Pendant quinze ans DJ et figure de la French Touch, de la House et de l’électronique, ce dernier a mis sa collection personnelle à disposition. Loin d’être sous cloche, les pochettes et les disques sont à toucher, retourner, fouiller, et surtout à écouter.
« Je ne vends pas les vinyles,. On me demande souvent si c’est le cas, mais non, ils ne sont pas en parfait état, ils sont abîmés par mes voyages. A une époque, je transportais 20 à 25 kilos de disques dans mes valises, alors ils ont voyagé. Vous verrez, certains ont même été grignotés par mon hamster, nous confie-t-il en riant, avant d’y ajouter : Comme ils ont vécu, je pense que ça pousse les gens aussi à oser les toucher et fouiller, même si ils sont souvent surpris quand je leur mets un disque dans les main.s… »
« je propose toujours aux gens de choisir un disque à écouter. Mais s’ils n’ont pas d’idée, je suis heureux de leur proposer quelque chose. C’est comme un jeu où j’essaie de tomber juste, de trouver la bonne musique qui parlera à la bonne personne. Comme le dit Goldman, quand la musique est bonne, tout va mieux »
Le lieu a été pensé sur le modèle des jazz kissa, ces espaces apparus à la fin des années 1920 au Japon, où l’on se retrouvait autour d’un whisky et d’un cigare pour découvrir ensemble de la musique. Ces endroits sont devenus, au-delà du simple bar, des lieux de convivialité et de découverte qui ont marqué une époque. Et si l’on ferme les yeux, et qu’on s’y imagine, on pourrait sûrement y entendre une mélodie de jazz signée John Coltrane.
L’objectif est resté le même : se réunir autour de la musique. Mais la forme a changé. Loin d’un espace enfumé, Sound and Coffee est une adresse de son temps, ouverte et lumineuse, avec un espace de coworking à l’étage et du café à la place du whisky.


2. Un coin calme pour ralentir. © TheGoodClick pour Sound and Coffee
On y trouve des vinyles de jazz évidemment, mais pas seulement : Diana Ross, Serge Gainsbourg, Led Zeppelin, la bande originale de Rocky par Bill Conti, Curtus Mayfield ou même l’édition limitée japonaise de Discovery des Daft Punk. De quoi satisfaire tout les goûts. On peut également proposer d’écouter tel ou tel vinyle ou encore demander conseil au passionné.
L’idée derrière tout ça ? Ralentir. Prendre le temps d’écouter une face, ou deux, et de boire un bon café. Alors que Paris va à 1000 à l’heure, prendre une heure pour écouter un disque dans cet endroit charmant, c’est précieux.
SOUND AND COFFEE
A savoir : en fin de journée, Sound and Coffee devient SOCO et se transforme en bar à vins et cocktails.
48, passage des Panoramas, 75002 Paris. Du lundi au mercredi de 8h30 à 18h, du jeudi au samedi de 8h30 à 23h et le dimanche de 9h30 à 18h
Pour plus d’informations et une sélection de vinyles chaque semaine, rendez-vous sur le site





