
12 octobre 1960 : Sa Majesté la reine Sirikit de Thaïlande visite les locaux du 44, rue François-1er, siège de la maison Balmain, à Paris. Alors en visite officielle en France avec son mari, le roi Rama IX, elle est vêtue d’une tenue de cour de style thaïlandais revisitée à la mode parisienne. L’image est forte, car elle exporte avec brio le savoir-faire de son pays tout en respectant les codes de l’Occident.

En effet, la souveraine souhaite moderniser le costume traditionnel de son pays, tombé peu à peu en désuétude. Pour ce faire, elle s’aide de créateurs thaïlandais et français. Parmi eux, le couturier Pierre Balmain et le brodeur François Lesage, appelés pour repenser complètement sa fonction, et réinventer l’élégance royale tout en préservant son héritage. La collection devait comprendre des tenues de jour et de soirée, décontractées et formelles, afin que la reine soit parfaitement habillée pour toute occasion et par tous les temps, car les tournées officielles duraient environ six mois. A travers huit styles différents, la tenue de cérémonie, allant de la plus simple – pour un cocktail – à celle des visites et soirées officielles aux coupes plus formelles, est modernisée à la mode occidentale.


La « Jackie Kennedy de l’Orient»
Ensemble, ils réinterprètent le brocart de soie, le mat mii (technique de teinture de la soie) et la broderie de fil d’or, en valorisant les matériaux locaux, les métiers artisanaux et les techniques d’art ancrés dans le pays depuis des siècles. L’expertise et la renommée de la haute couture française va par la suite propulser la mode thaïlandaise sur le devant de la scène internationale, faisant chacune des sorties officielles de la reine Sirikit un événement mondain occupant la une de la presse magazine et des journaux télévisés. On la surnomme même la « Jackie Kennedy de l’Orient ». A travers quelque 200 pièces, robes et accessoires, cette exposition met à l’honneur cette collaboration culturelle et ce dialogue artistique unique, où la haute couture française courtise le style traditionnel thaïlandais.
En 1976, la reine Sirikit crée la Fondation Support. Un lieu dédié à la préservation des métiers d’art tels que le tissage, le travail de l’osier ou des métaux. Depuis, sa petite-fille, Sirivannavari Nariratana Rajakanya, poursuit l’héritage laissé par sa grand-mère. Formée au stylisme, elle fonde en 2004 le label Sirivannavari et continue depuis de faire rayonner la jeune création thaïlandaise dans son pays et dans le monde entier.


Infos pratiques :
« La Mode en majesté. Haute couture et tradition à la cour de Thaïlande », jusqu’au 1er novembre au Musée des Arts décoratifs,
107, rue de Rivoli, 75001 Paris.
Site web : madparis.fr
Instagram : @madparis




