« Si la vie n’est pas toujours poétique,
notre regard, lui, a le pouvoir
de ne retenir que ce qui brille »
Dans son podcast « Vous avez un MP », la journaliste Nolyne Cerda interroge cette poésie décomplexée. Elle y présente Hadrien, du compte Instagram @crottinsverbaux (98 000 followers), qui s’amuse à transformer sa liste de courses en une longue poésie. En mars, ce poète consommateur a même sorti un carnet d’écriture poétique : « Il s’appelle “J’avais oublié que c’était beau”. Parce que si la vie n’est pas toujours poétique, notre regard, lui, a le pouvoir de ne retenir que ce qui brille. Et je vous montre comment. » Laura Vazquez aussi. Deux fois par semaine, le prix Goncourt de la poésie 2023 poste une newsletter, conçue comme un atelier d’écriture, où elle donne des consignes pour un exercice. Ecrire sur ce que les yeux ressentent. Qu’est-ce qu’une sœur ? Qu’est-ce qu’un nouveau-né ? Qu’est-ce
qu’une inconnue ? Comme une méthode pour transformer son regard sur la banalité.


2. « Espace de soi », photo extraite d’Iles en lune, 2020
« Déverseur, c’est un vrai métier et c’est un beau métier ! », prône celui qui rêve de l’exercer une année entière. Pierre Audiger, responsable des Opérations spéciales, cultures et partenariats à la RATP, le pratique d’une certaine façon. En Ile-de-France, les usagers du réseau de transport en commun peuvent tomber nez à nez avec les 4 600 points d’affichage où se diffusent les gagnants du Grand Prix Poésie lancé il y a dix ans. En 2024, 12 000 textes en prose, rime, haïku ou slam ont été envoyés de toute la France pour se voir exposer et circuler dans les rames du métro. Celui qui se dit « investi d’une mission d’intérêt de service poétique » aime croire que certains voyageurs lèvent les yeux de leur smartphone pour les contempler et constater que « la poésie est partout ».



