
CIRCULATION(S), UNE SCÈNE EUROPÉENNE EN MOUVEMENT


2. El Rey Blanco © Maximiliano Tineo
Un foisonnement d’univers et de voix singulières. Pour sa 16ᵉ édition, le festival Circulation(s) nous plonge dans le travail de 26 jeunes artistes venus de 15 pays différents. Sans thème imposé, chacun est libre d’exprimer sa vision, ses interrogations et ses passions, une liberté qui se traduit par des images porteuses de sens, parfois intimes, parfois radicales. À travers leurs installations, les photographes engagés abordent des enjeux sociaux, politiques ou culturels et offrent des fenêtres sur leurs mondes intérieurs, leur perception de l’actualité et de l’humanité. L’architecture lumineuse et aérienne du Centquatre devient le décor idéal de cette immersion. Chaque espace et chaque volume invitent le visiteur à circuler entre des univers multiples et à se laisser surprendre par des formes narratives inédites, parfois poétiques, parfois percutantes.
L’édition 2026 se distingue également par un focus sur l’Irlande, mettant en lumière une scène photographique encore peu représentée mais vibrante et inventive. Cette mise en avant ouvre le regard sur la diversité de la photographie européenne contemporaine et sur les façons multiples de raconter le monde aujourd’hui. Au-delà des expositions, Circulation(s) se déploie comme un lieu vivant de rencontres et d’échanges, avec ateliers, lectures de portfolios et discussions avec les artistes. Plus qu’un festival, il se révèle comme un observatoire privilégié des formes émergentes et des voix qui dessinent la photographie de demain, mêlant engagement, expérimentation et sensibilité.
Circulation(s) : festival de la jeune photographie européenne, jusqu’au 17 mai 2026.
Au CENTQUATRE-PARIS, 5 rue Curial, 75019 Paris.
Plus d’informations : festival-circulations.com
NAN GOLDIN, TÉMOIN LIBRE DE SON ÉPOQUE


2. Christmas at The Other Side, Boston, 1972 © Nan Goldin
Première rétrospective consacrée à Nan Goldin en France en tant que cinéaste, cette exposition est conçue comme un parcours dans un « village » : dans la quasi-obscurité du Salon d’honneur du Grand Palais, six maisons-pavillons présentent six diaporamas et vidéos retraçant près de cinquante ans de carrière de cette grande photographe américaine, née à Washington DC en 1953 et révélée sur la scène new-yorkaise dans les années 1980. « Mes diaporamas sont des films composés de photos », dit-elle, et ils sont produits à partir des milliers de clichés qu’elle a pris au sein de son cercle d’amis proches et de son entourage familial. Nan Goldin les complète par de bandes-son éclectiques, des images en mouvement, des voix-off et des documents d’archives. A la fois crus et empreints de tendresse, ils capturent sur le vif la vie quotidienne – des instants d’intimité, de joie, de perte, d’espoir ou de désespoir, de guerre… et luttent contre la stigmatisation de la maladie mentale, de la transidentité ou de la consommation de drogues. Chaque version est inédite, car les diaporamas sont constamment mis à jour et réédités.
« This Will Not End Well », Nan Goldin, jusqu’au 21 juin 2026.
Grand Palais, Salon d’honneur, 17, avenue du Général-Eisenhower, 75008 Paris.
Plus d’informations : grandpalais.fr
KOURTNEY ROY, LE FAUX RÊVE DES VACANCES


2. Ceviche, 2019 © Kourtney Roy
Derrière ces images lumineuses et soigneusement composées, un sentiment de trouble émerge. Par le biais de l’autoportrait et de mises en scène cinématographiques, la photographe Kourtney Roy propose une plongée à la fois séduisante et critique dans l’imaginaire du tourisme contemporain. À travers une vingtaine de photographies, l’artiste canadienne réinterroge les codes des vacances idéales, entre plages parfaites, hôtels glamour et décors artificiels. Elle incarne des figures de touristes solitaires et légèrement décalées, révélant les failles d’un rêve uniformisé et standardisé.
L’exposition met en lumière les paradoxes du tourisme mondialisé en confrontant le désir d’évasion façonné par les industries du voyage aux réalités économiques, sociales et environnementales qui le sous-tendent. En dialoguant avec les dispositifs pédagogiques de la Cité de l’Économie, All Inclusive dépasse le simple plaisir esthétique pour devenir une réflexion sur nos imaginaires collectifs et sur la manière dont nous construisons nos propres images de vacances. Cette exposition, à la fois accessible et incisive, invite le spectateur à regarder autrement ces paysages rêvés et à interroger ce qu’ils révèlent de nous-mêmes.
« All Inclusive », Kourtney Roy, jusqu’au 20 septembre 2026.
Cité de l’économie, 1, place du Général-Catroux, 75017 Paris.
Plus d’informations : citeco.fr



