ELLES TAPISSENT L’OCÉAN comme une forêt silencieuse qui capte la lumière et fait respirer la planète. Leur présence discrète cache pourtant un rôle vital : en produisant 50 % de son oxygène, les algues sont l’un des deux poumons de la Terre. Pour autant, ce ne sont pas des plantes. Elles n’ont pas de racines, ne produisent pas de graines, mais possèdent des superpouvoirs qui manquent aux végétaux terrestres : une extraordinaire vitesse de croissance (+ 30 % par jour pour certaines), des mécanismes de survie uniques et des molécules de stockage d’énergie inouïes. Complètement autonomes, les algues ne demandent ni arrosage, ni engrais, ni pesticides : seulement de l’eau de mer et de la lumière. Autant dire une ressource 100 % bio, propre, durable et riche en actifs naturellement virtuoses.
EN SYMBIOSE AVEC LA PEAU
Bleues, vertes, brunes ou rouges, micro ou macro, les algues se révèlent une mine de minéraux, protéines, vitamines (B, E, K), acides gras essentiels (oméga-3 et 6), polyphénols et poly-saccharides. Mais pas que… La science démontre un potentiel bien plus vaste. Stars de la première édition du Salon de l’Algue (à Rennes, en novembre dernier), ces organismes marins ne sont plus seulement des ingrédients reminéralisants ou dédiés à la thalasso. Ils ouvrent la voie à une nouvelle cosmétique régénérative, intégrative, qui alimente nos cellules en version « in & out », équilibre le microbiote et stimule les facteurs de longévité.
« Les algues sont des plateformes biologiques multifonctions. Elles s’imposent comme le nouvel ingrédient structurant de l’innovation cosmétique, à la croisée de la biotech, de la chimie verte et de la science du vivant »
Parmi les belles innovations récentes, une nouvelle génération d’actifs algo-biotiques équilibre le microbiote de la peau pour effacer les rougeurs ou stimuler certaines bactéries hydratantes (SeaCalm et AlgaMoisturize développées par Agrimer).D’autres augmentent la longévité cellulaire, à l’instar des soins aux laminaires bio-fermentés La Mer (les nouvelles formules sont enrichies avec un ferment de varech élastique effet plump). C’est le cas également de la marque suédoise L:A Bruket qui utilise des algues procollagène proliférant dans les eaux glacées du Kattegat pour sa ligne Sea Therapy. Ou encore de Sagacious, un actif extrait du haricot de mer Himanthalia elongata, qui freine l’affaissement de la peau en améliorant les forces de traction des fibroblastes. Les chercheurs de Seppic qui l’ont éco-conçu se sont carrément inspirés de son comportement anti-pesanteur dans la station spatiale internationale pour transposer ses effets lifting sur le visage. Spoiler : les résultats sont bluffants. Au-delà des actifs, dans l’univers des cosmétiques écoconçus, les algues remplacent déjà silicones, parabènes et agents de textures synthétiques. Leurs membranes cellulaires riches en biopolymères naturels (alginates, carraghénanes, agar-agar…) permettent d’élaborer des galéniques ultra-sensorielles : émulsions gélifiées, mousses crépitantes, crèmes osmotiques, masques « élastiques ». Elles augmentent aussi la viscosité d’un sérum afin de le rendre apte au massage du visage, par exemple. On peut donc désormais imaginer un cosmétique 100 % algues : dans la formule, la galénique et même l’emballage (les algues se transforment en matériaux biodégradables). C’est déjà le cas du Sérum Algae Plump de Dulcie 100 % compostable (jusqu’à son compte-goutte).
SHOT D’ALGUES FRAÎCHES
Si les algues sont un super-nutriment pour le microbiome de la peau, elles le sont évidemment pour le microbiote intestinal et donc pour tout l’organisme. La beauté intégrative, fondée sur l’approche « in & out », privilégie les algues telles que le nori, la dulse, la laitue de mer ou la spiruline, à déguster fraîches ou séchées. Elles sont en effet plus riches en micronutriments biodisponibles – et bien plus savoureuses – que leurs équivalents en poudres ou en gélules. Elles s’immiscent dans les boissons lacto-fermentées, les recovery-drinks, les smoothies énergisants (Algasport, Bell’Alg, Algood) ou encore dans les concentrés régénérants pour pimper sushis ou poke bowls.
Dans sa ferme aquacole, face à l’Atlantique où trônent des bioréacteurs remplis de plasma émeraude, Marie-Gabrielle Capodano cultive une spiruline marine 100 % eau de mer (@spirumarine). Un produit unique au monde, multibreveté, qui a demandé des années de recherches. L’innovation est majeure, car ce microvégétal marin est d’habitude cultivé en eau douce ou en eau de mer reconstituée. Une hérésie écologique et nutritionnelle selon cette pionnière qui défend les vertus de ce superaliment dans sa forme la plus ,vivante et surtout la plus nutritive. Son Booster Océanique 100 % naturel se boit sous forme de shot (un verre contient trois fois plus de protéines qu’un steak), s’ajoute dans un smoothie ou une salade pour nourrir les cellules et doper l’énergie. « Je propose plus que des gélules. Un produit frais, avec une teneur exceptionnelle en protéines végétales, fer, minéraux, acides aminés. Le tout, élaboré en économie circulaire. » Là est la clé. L’algue est une ressource inépuisable si on la récolte avec respect, si on la cultive avec passion, si on extrait ses bienfaits avec intelligence. Les biotechnologies et les procédés bio-mimétiques permettent de produire sans surexploiter les écosystèmes marins, de travailler avec le vivant plutôt qu’en le contraignant. Et in fine, d’embellir l’avenir de nos cellules autant que celui de nos océans.
« Je propose plus que des gélules : un produit frais avec une teneur unique en protéines végétales, minéraux et acides aminés »
NOTRE SÉLECTION DE COSMÉTIQUES AUX ALGUES



2. Complexe raffermissant. Le Masque Lift et Fermeté, La Mer. ©DR
3. Feuille d’algue. Masque Hydratant, Whamisa. ©DR



2. Acide hyaluronique marin. Algae Plump Serum, Dulcie. ©DR
3. Aux microalgues hydratantes. Nage, Gelée Nettoyante visage, Nami Beauty. ©DR





